Entrevue

Set the Mood

Baillat, Cardell & fils, la compagnie montréalaise de design graphique et multimédia, pose l’ambiance de MUTEK_IMG en transformant l’espace principal de l’évènement au Centre Phi .

Robyn Fadden - November 16, 2013
Set the Mood

Baillat, Cardell & fils, la compagnie montréalaise de design graphique et multimédia, pose l’ambiance de MUTEK_IMG en transformant l’espace principal de l’évènement au Centre Phi avec des projections de lumières multicolores, des lasers et des formes géométriques superposés à des animations organiques. Le résultat offre un espace à l’univers unique qui s’adapte aussi bien aux moments de discussions qu’aux déhanchés sur la piste de danse.

 

Les fondateurs et directeurs créatifs de la compagnie, Guillaume Cardell et Jean-Sebastien Baillat, le disent volontiers, MUTEK est un événement qui leur ressemble, musicalement, culturellement, et pour cette recherche constante d’innovation. Designers et artistes s’exprimant en lumière, en contraste et en couleur, ils se sont toujours inspirés de la musique électronique, et même si leur style esthétique et leurs outils technologiques ont évolué depuis la création de la compagnie, il y’a 6 ans, une chose est sûre, ils n’ont jamais suivi les tendances populaires ou utilisé des méthodes qui n’étaient pas en accord avec leur vision.

 

Une vision qui s’est d’ailleurs illustrée avec des projections et des vidéos lors de différentes éditions de MUTEK à Montréal ou à Mexico ces dernières années (et qui a accompagné de façon spectaculaire les performances de nombreux artistes comme Robert Hood, Âme, John Roberts et Efdemin lors de MUTEK 2013), mais aussi lors de la conférence C2MTL, du festival Elektra, à la Place des Arts, et dans de nombreux autres lieux. Pour la grande première de MUTEK_IMG, nos artistes de chez Baillat, Cardell & fils comptent en mettre plein la vue lors de la performance EXTRA_VISIONS 2, et s’associeront pour l’occasion aux designers de chez APM300. Côté musique, c’est Ital producteur venu tout droit de Brooklyn qui les accompagnera.

 

“C’est vrai que nous avons déjà travaillé avec MUTEK et présenté nos créations visuelles pendant le festival, mais c’est toujours un événement majeur pour nous,” dit Guillaume Cardell. “On a baigné dans une période pendant laquelle la musique électronique s’accompagnait visuellement de fumée, de lumières stroboscopiques et de lasers presque systématiquement. On aime toujours utiliser ces éléments, mais à notre façon, et pour MUTEK, il faut faire quelque chose de différent, parce que tout le monde s’attend à voir des choses innovantes. On veut en mettre plein la vue, mais pas seulement. On veut aussi que notre travail corresponde à l’événement, son contexte, son contenu, et d’un point de vue logistique, au côté intimiste de l’espace.”

 

Après avoir discuté de l’esthétique et des thèmes de MUTEK_IMG, Baillat et Cardell ont eu carte blanche pour faire vivre le lieu et véritablement donner naissance à un nouvel environnement. “Nous allons utiliser des lasers à travers la pièce, mais différemment. Nous voulons créer une fusion visuelle entre les lasers et les projections de vidéos, faire passer le visuel numérique au niveau supérieur,” explique Cardell. “Un des mots-clés pour ce projet est immersion. La salle n’est pas énorme, mais elle sera rempli de monde, c’est pour ça qu‘on a voulu mélanger les projections de lumière avec des lasers. Le résultat fait son effet, c’est lumineux, efficace, très graphique.”

 

Pour cette performance qui donnera le ton de l’événement, Baillat et Cardell vont puiser dans leurs nombreuses expériences. Chaque projet commence de la même manière, avec leur équipe de design et un tableau d’humeur alimenté de références artistiques et architecturales, d’images et de dessins. “On aime tous des artistes en particulier, que l’on référence forcément, consciemment ou inconsciemment,” dit Cardell. “D’un point de vue graphique, une de mes inspirations est Olafur Eliasson, un artiste dano-islandais Il joue avec la lumière de façon inattendue, et même s’il n’utilise presque jamais de vidéo, sa lumière est constamment en mouvement. Je me suis aussi intéressé au travail de Bridget Riley, une artiste très prolifique et respectée dans les années 60 et 70. Elle utilisait beaucoup de motifs noir et blanc et voulait créer des illusions d’optique de plus en plus saisissantes.” Pour leurs créations, Cardell et Baillat aiment les formes simples et linéaires, puissantes et agréables, “mais pour l’animation, on aime laisser parler l’organique,” ajoute Cardell.

 

Baillat et Cardell cherchent toujours à allier une vision artistique à des connaissances technologiques pointues, notamment lorsqu’ils créent des boîtes équipées de lumières et de miroirs, techniquement plus simples, mais vraiment déroutantes. “Nous avons conscience que chacun a une perception unique des choses et nous aimons jouer avec ça,” dit Cardell. “Tout part des premières illusions d’optique, des spirales en noir et blanc qui tournent : on regarde l’image quelques instants et quand on regarde ailleurs c’est tout notre univers qui se déforme. C’est notre cerveau qui crée tout ça, et c’est assez fascinant de voir tout ce que notre esprit est capable de faire.”

 

Leur installation en forme de porte pour MUTEK 2013 semblait s’ouvrir sur un tunnel de lumière d’une longueur infinie, mais “Quand les gens observaient autour de l’installation, ils se rendaient compte que ça ne faisait que 25 centimètres de long. Les voir se demander s’ils ont halluciné, c’est mon grand plaisir.” Cet amour pour la manipulation des perceptions prend également vie lors de leurs performances visuelles live, avec des lumières stroboscopiques et d’autres techniques qui permettent de créer des effets hypnotiques.

 

“L’année dernière, nous avons créé une installation audiovisuelle pour le dôme à 360 degrés à la SAT et un dôme similaire à Mexico,” explique Cardell. “L’expérience ne durait que 10 minutes, mais c’était difficile de marcher droit en sortant. Les yeux et le cerveau essayaient de communiquer, mais il fallait un petit temps avant que la connexion ne se fasse. On ne cherche pas forcément à transporter le public dans un autre univers avec toutes nos créations, mais on veut vraiment montrer les objets et les espaces les plus communs sous un angle différent, une lumière différente, et ça, peu importe le niveau de complexité des outils qu’on utilise.”

 

EXTRA_VISIONS 2 VENDREDI 22 NOVEMBRE

 
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