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Voler en éclats

Guillaume et ses Coutu Dumonts brisent le quatrième mur de la musique électronique

Philip Sherburne - 28 avril 2010
Voler en éclats

Le montréalais Guillaume Coutu Dumont quittera son Berlin adoptif pour rendre visite à sa ville natale, en juin, afin d’y dévoiler en première mondiale son dernier album, l’exceptionnel Breaking The Fourth Wall. Sur scène, il sera accompagné du band live, The Side Effects, composé de Nicolas Boucher (claviers), Sébastien Arcand-Tourigny (sax), et Marc-André Charbonneau (guitares). Tous ensemble ils accueilleront un invité très spécial, le san franciscain Dave Aju (MC).

Coutu Dumont n’en est évidemment pas à son coup d’essai à MUTEK. Il y a d’ailleurs entrepris sa carrière en 2003 en tant que membre du duo EGG, aux côtés de Julien Roy (Artificiel). Sept ans plus tard, le nom de Guillaume Coutu Dumont fait désormais partie des incontournables de la scène internationale. Il n’aura fallu que quelques parutions sur MUTEK_Rec et Musique Risquée pour que ses productions soient convoitées et lancées sur des labels tels que Oslo et Circus Company. Expert en percussions avec une solide formation musicale, on lui connaît un penchant très marqué pour l’incorporation de rythmiques complexes et très diversifiées à ses créations. Combinez à cela des influences et des échantillonnages allant de l’afrobeat au soul, en passant par le space rock et le jazz, et vous obtenez cette signature si particulière qui fait de son œuvre l’une des plus riches de la house contemporaine.


Guillaume Coutu-Dumont and The Side Effects, au Metropolis le 5 juin.


 

Guillaume Coutu Dumont

 

« Je suis un collectionneur », explique Guillaume Coutu Dumont. Pourtant, son studio berlinois ne donne pas l’impression d’être habité par un amasseur de quelconque acabit. Oh! bien sûr, on y retrouve l’habituel fouillis de fils et de câbles de toutes sortes dans des boîtes de carton, deux mbira sur une tablette, souvenirs d’un voyage au Sénégal il y a une dizaine d’années, mais autrement, son minuscule studio est très ordonné, surtout pour une pièce de cette taille. C’est en fait de sa collection d’échantillonnages dont il est ici question, collection dont il entreprend sur-le-champ de me donner un aperçu. Dossier après dossier de rythmes, d’a capella, d’instruments acoustiques autant que de boîtes à rythmes… Bref, tout ce que vous pouvez imaginer s’y trouve. C’est, selon tous les standards, une très vaste collection, et c’est précisément l’étendue de cette collection qui confère à ses productions leur saveur si particulière. Ses pièces, toutes informées de façon générale par les éthos de la house, se démarquent par leur porosité et leur multidimensionnalité, mariant tantôt le doo-wop à une boîte à rythmes, tantôt des échantillonnages repiqués de vieux vinyles à des remixes collaboratifs. Son œuvre est emplie d’idiosyncrasies temporelles qui couvrent un siècle d’enregistrements musicaux, l’inscrivant de facto dans ce continuum.

Guillaume voyage léger, mais par nécessité: lorsque sa femme et lui se sont établis à Berlin il y a trois ans, il fallait choisir ce qui quitterait Montréal avec eux. « Je n’ai pas déménagé tout ce que je possède, et je ne le voulais pas, de toute façon », explique-t-il. « Les percussions sont une toute autre histoire; il faut savoir lâcher prise. »

Lâcher prise semble avoir été bénéfique. Lorsque le couple a quitté Montréal en 2006, Guillaume en arrachait pour trouver preneur à ses productions et les engagements à l’extérieur de Montréal étaient encore plus rares. À présent , il compte des douzaines d’enregistrements et de remixes sur de nombreux labels, dont notamment Hartchef, Oslo, Circus Company, Karat, Get Physical et Crosstown Rebels. Ses engagements le font désormais voyager aux quatre coins de la planète tous les week-ends, du Fabric londonien au Arma 17 moscovite, en passant par le Cocoon party à l’ Amnesia ibizien. N’oublions pas que ça ne représente qu’un aspect de ses occupations, puisqu’il œuvre également au sein du duo Chic Miniature en compagnie de l’Argentin Ernesto Ferreyra, un autre compatriote montréalais transplanté dans le fertile terreau berlinois.

Avec son deuxième album, Beyond the Fourth Wall, Guillaume fait des pas de géant, explorant de nouvelles signatures rythmiques, de nouveaux tempos et de nouveaux registres émotifs, sans pour autant perdre son lien avec le dancefloor. Certains diraient qu’il s’agit d’un album concept, mais c’est pour lui un terme galvaudé. Il préfère laisser les auditeurs y trouver un sens qui leur est propre.

Concept ou pas, c’est sans aucun doute son œuvre la plus collaborative à ce jour, avec de nombreuses collaborations à la guitare, aux cuivres, au piano et à la voix, sans parler bien entendu, des milliers de collaborations échantillonnées. Cette année, pour son passage à MUTEK, , il nous présentera un spectacle avec une formation de cinq musiciens, qui s’emploiera consciencieusement à démolir ce fameux « quatrième mur ».

 

 

[ÉCOUTER : MIND TRAP]

 

Depuis la parution de ton album précédent, en 2007, tu as lancé de nombreux maxis et voyagé pratiquement sans arrêt. As-tu enregistré ce nouvel album en un seul effort très concentré ou l'as-tu complété petit à petit?

Cet album m’a demandé un temps fou. Il y avait une centaine de pièces, initialement. J’ai réduit ce nombre à 25 et avec ces 25, j’ai élagué de nouveau pour ne garder que celles qui se trouvent sur le disque. La plus vieille des pièces de l’album a trois ans et la plus récente a été complétée deux semaines avant la date prévue pour le matriçage. J’ai une façon de travailler particulière : je compose le plus de pièces possible, puis je choisis les meilleures afin d’arriver à un tout cohérent et ensuite je polis le tout. C’est cette dernière étape qui est la plus difficile.

Ce que je voulais avant tout, c’est créer un album qui s’écoute en continu du début à la fin, un album qui vaille la peine d’être acheté en CD, et pas simplement en pièces détachées sur Beatport, une pratique qui m’attriste, à dire vrai. Tous les albums qui m’ont inspiré étaient des albums que j’écoutais du début à la fin sans aucune interruption. C’est le genre de musique qui m’attire naturellement. Pink Floyd est sans doute le meilleur exemple : je m’interdis d’arrêter Dark Side of the Moon une fois que j’ai commencé à l’écouter. Cela dit, je ne veux absolument pas sous-entendre qu’il y a un type d’album qui est bon et que le reste est mauvais. Je dis simplement que c’est ce que j’avais envie de réaliser avec ce disque.

 



Comment vis-tu la dialectique entre le studio et la scène? Est-ce que tes performances « live » nourrissent tes productions studio?

C’est très rare qu’une de mes compositions évolue à partir d’une performance sur scène. Lorsque je suis en studio, j’aime écouter la musique sur laquelle je travaille, tandis que dans un club, tout l’aspect physique prend le dessus. Je me souviens d’une fois, dans un club de Munich, très tôt le matin, le proprio s’est mis à faire jouer du Hank Williams sur le système de son de la boîte, et c’est vraiment surprenant à quel point ce n’est pas la même chose à un volume pareil. Écouter un morceau à un volume normal versus ce qu’on entend lorsqu’on l’écoute à un volume absurde comme dans les clubs, transforme totalement l’expérience. Voilà pourquoi ce que je fais en studio est très différent de ce que je fais lors de mes prestations « live ». J’ai toujours trouvé la jonction entre les deux aspects plutôt difficile à faire.



Le nouvel album regorge de collaborations...

Depuis l’album précédent, c’est quelque chose que j’essaie de faire de plus en plus souvent. La collaboration avec d’autres musiciens permet une dynamique différente. La musique électronique est trop souvent le résultat d’un seul cerveau à l’œuvre. Pour moi, la musique devient réellement intéressante lorsque des idées divergentes convergent pour créer un résultat dont le tout est plus grand que la somme de ses parties.

Il faut dire aussi que c’est plus risqué d’utiliser des échantillonnages sur un album. Ces derniers temps, j’ai presque l’impression que je les surutilise. Sur certaines de mes parutions sur Musique Risquée, je les ai utilisés à un point que je ne pensais même pas possible : 16 barres tirées d’un a cappella des Temptations, c’est trop!

 



Où te positionnes-tu sur la question de l'échantillonnage d'un point de vue éthique?

C’est une bonne question. Je crois que si un artiste parvient à réellement intégrer un échantillonnage dans une nouvelle composition, ça va. Le problème, c’est qu’il y a une tendance lourde depuis un bon moment, cette putain de structure banale où les producteurs construisent un beat, puis le déconstruisent et nous balancent cet immense échantillonnage d’une chanteuse brésilienne, et voilà toute l’essence de la pièce. Puis le beat recommence et l’échantillonnage est bidouillé un peu. Toutes les pièces ont la même putain de structure. Toutes, et ça m’emmerde royalement. OK, t’es DJ, tu viens de nous faire un mix, mais ce n’est pas une nouvelle pièce, ce n’est pas une composition. Par contre, si un producteur utilise un enregistrement qu’il a lui-même réalisé d’un Africain qui joue du kora, qu’il crée un beat à partir de ça et qu’il échantillonne des congas à partir d’un vieux vinyle et qu’il ajoute une couche de soul des années 70 par-dessus, alors je crois que c’est acceptable.



Peux-tu nous expliquer comment tu incorpores les performances d'autres musiciens dans tes productions?

Lorsque je travaille avec des musiciens, je vais en studio avec des ébauches de mes pièces et je les laisse improviser. Par exemple, lorsque je suis allé au studio de dOP, à Paris, je me suis présenté avec une dizaine d’ébauches. J’ai enregistré des pistes de sax, de trompette, de percussions, la voix de Joe, des claviers, de la flûte, un piano jouet, toutes sortes de trucs du genre. En fin de compte, je n’ai complété que deux pièces avec tout ce matériel et il en reste une grande partie à laquelle je n’ai même pas touché.

Toutefois, je n’utilise jamais les pistes que j’ai enregistrées exactement telles quelles. Je me sers de ces pistes pour compléter ma banque d’échantillonnages. Pour mon prochain album, j’aimerais investir dans plusieurs voyages où je pourrai jouer avec différents musiciens et enregistrer le plus de sons possible, afin de me construire une banque de sons gigantesque. C’est ce que je préfère : être en studio avec une approche très organique de la composition. Je suis un collectionneur! Lorsque je regarde un film, je laisse toujours le logiciel Wiretap ouvert. Un son que j’aime? Allez hop! Je l’enregistre et le classe dans ma banque de sons.

 

 

Guillaume Coutu Dumont

 

[ÉCOUTER : ON THE LIPS FEAT. DAVE AJU]

 

Ton spectacle « live » est très spontané. Comment arrives-tu à préserver cette spontanéité lorsque tu joues avec d'autres musiciens?

Disons que la première fois que nous allons jouer ensemble, la spontanéité ne sera pas à son comble. Il est plus facile d’improviser seul qu’à cinq musiciens. Il n’y a pas de secret, néanmoins : si vous êtes dans un groupe, il faut pratiquer sans relâche. Les musiciens de free jazz passent leur vie entière à pratiquer ensemble, à apprendre à se connaître, à explorer toujours plus en profondeur le vocabulaire et ses échanges. Il faut pratiquer, pratiquer, pratiquer.

Toutefois, par simple mesure de sécurité, je vais me présenter avec quelque chose de fini afin de pouvoir livrer mon spectacle même si tous mes musiciens disparaissaient par malheur. Ils s’ajouteront à ce que j’ai préparé afin d’y apporter de la saveur. Malheureusement, un de mes vocalistes prévus ne pourra pas être là, alors les sections vocales se concentreront sur Dave Aju, mais je ne suis pas inquiet, c’est un vocaliste et un MC incomparable. C’est plutôt l’aspect chant qui sera absent du spectacle, je vais devoir m’en remettre à des enregistrements. Le chanteur sera là, mais virtuellement.

 



Comment s'est déroulé le déménagement à Berlin?

Déménager à Berlin était une étape qui s’imposait d’elle-même pour bien des gens, moi y compris. Tu arrives du Canada avec pour seule chose en poche des dollars canadiens : où vas-tu aller en Europe? Ça semblait impossible. Nous sommes descendus sur Paris pendant six mois avant de nous installer à Berlin et je me suis terriblement endetté pendant ce séjour, mais avec le recul, c’était un investissement. Ça aurait pu mal finir, nous serions rentrés sur Montréal, j’aurais un boulot et je serais misérable, mais j’ai été chanceux, en fin de compte.

J’ai toujours voulu habiter en Europe, et c’était le moment ou jamais. Il vient un temps, je crois, où il faut quitter la ville où on habite. On atteint un point où on a l’impression d’avoir fait le tour du jardin à cet endroit, et c’est le bon moment de partir. Montréal est une ville fantastique, mais ça demeure tout de même l’Amérique du Nord. Toutes les villes sont très éloignées les unes des autres et c’est toujours une lutte à recommencer pour organiser des événements parce que le cadre est si restrictif à tous les niveaux.

Il y a quelque chose de vraiment idiot au fait que les clubs doivent fermer si tôt, parce qu’en fermant tôt, ils ne peuvent plus vendre d’alcool et ne font donc pas d’argent, et sans argent, ils ne peuvent présenter des programmations intéressantes. Bien entendu, je parle des endroits plus underground, parce que les gros clubs commerciaux ne m’engageraient pas de toute façon.

 



Il n'y a pas d'équivalent en Amérique du Nord à un club comme le Fabric, à Londres, qui est un immense club, mais avec une programmation relativement underground.

Pas que je sache, en tout cas. Montréal est un endroit unique à cause du festival MUTEK, qui a toujours été, depuis ses débuts, une force imposante à travers toute l’Amérique du Nord. Le festival crée un pont entre l’Amérique du Nord et la scène underground européenne, ce qui était très difficile à accomplir auparavant, surtout à l’époque qui a précédé l’avènement des téléchargements. Il fallait se rendre à la boutique de disques pour trouver les dernières nouveautés, et certains DJ se rendaient carrément en Europe pour les trouver sur place. Je m’en souviens comme si c’était hier : Marc qui revenait d’un tel voyage en Europe avec des tonnes de nouveaux disques et nous jouions dans un petit club à Montréal. Pour moi, l’intérêt était d’entendre ces nouvelles musiques que je n’avais jamais entendues auparavant. Lorsque je suis venu en Europe, j’ai été frappé de constater à quel point tout le monde jouait la même musique partout. Ça m’a vraiment déprimé : tout le monde joue le top 40 de la musique underground.

Je sais pour y avoir longtemps vécu que Montréal est une ville extraordinaire, il s’y passe quelque chose qui la rend unique, mais c’est une ville d’affaires, également. Les musiciens n’y ont pas vraiment d’autre choix que de prendre un boulot de jour et de faire de la musique le soir, mais ce n’est pas une vie qui m’intéresse. Si je dois bosser pour pouvoir faire de la musique, je me sens complètement misérable, je dois pouvoir aller en studio et faire de la musique n’importe quand, au moment où le besoin se fait sentir. Lorsqu’on se sent ainsi, on n’a pas le choix, il faut tenter de gagner sa vie avec la musique, et en Amérique, partir de rien, essayer de vendre sa musique et de se faire connaitre est un peu plus difficile qu’ici. En tout cas, ça l’a été pour moi, et mon déménagement en Europe m’a donné raison. J’ai traversé une période difficile à mon arrivée, mais j’ai rapidement commencé à faire paraître de nouvelles pièces et à me faire connaître et les choses se sont rapidement placées. J’ai eu un peu de chance, aussi. Mais la différence est là : d’un côté, on peut vivre avec cette musique dans sa tête et en arracher pour payer ses comptes, et de l’autre, on peut vivre avec la musique au cœur de sa vie et ne pas se soucier de savoir si on arrivera à payer le loyer à la fin du mois.

Montréal me manque vraiment. J’ai même songé à rentrer, à cause de ma femme Charlene et de notre enfant. Ça n’est pas facile pour elle de se trouver un emploi ici, et je ne veux pas qu’elle soit forcée de travailler comme serveuse dans un restaurant. Je pourrais décider de rentrer à Montréal n’importe quand. Bien entendu, je me verrais forcé de passer ma vie dans un avion pour quelques années, jusqu’à ce que je décide de faire quelque chose d’autre. On va se donner une chance, mais si ça devient trop difficile…

Nous sommes arrivés à Berlin pratiquement en même temps qu’une douzaine d’autres personnes que je côtoyais à Montréal, donc pour moi le fait d’être ici ne change pas grand-chose, puisque je fréquente encore les mêmes personnes, et les autres viennent souvent me rendre visite.

 

 

Guillaume Coutu Dumont

 

Voudrais-tu que la situation soit différente?

Au début, j’ai cru que c’était problématique, et c’est de toute évidence ce qui explique que je ne sois pas plus intégré à la société berlinoise. Mais en contrepartie, lorsque je regarde ma jeunesse et les déménagements que mes parents ont dû faire et qui ont brisé certaines amitiés, je trouve que nous sommes privilégiés de pouvoir rester unis malgré tout. Ce qui serait vraiment génial, c’est qu’on rentre tous à Montréal en même temps. Je parlais avec un Montréalais récemment et il m’expliquait à quel point l’exode vers Berlin a été dramatique pour Montréal. Je me dis peut-être, mais cela a probablement ouvert la porte à de nouvelles sonorités. La dernière fois que j’ai visité Montréal, j’ai vu des tas de DJs annoncés dont je n’avais jamais entendu parler, alors peut-être que notre départ a eu ses bons côtés. Sur une scène aussi petite que celle de Montréal, cela peut faire une grande différence.



Un peu comme ce qui s'est passé à Détroit lorsque les acteurs de la première vague ont commencé à jouer en Europe tous les week-ends : cela a donné la chance à des nouveaux venus de se faire connaître...

Oui, mais dans leur cas, ils habitaient tout de même Détroit, et ça fait toute la différence. En fait, ce sont les membres de la deuxième vague qui ont quitté Détroit pour l’Europe. L’ancienne garde est restée derrière pour tenir le fort. J’imagine mal Moodymann ou Theo Parrish s’installer à Mitte.



Parlant de l'Amérique, tes productions sont grandement influencées par les musiques américaines classiques comme le doo-wop, le blues, le gospel, la soul…

Quand je pense à mon enfance, c’est cette musique qui me vient à l’esprit. C’est ce que ma mère écoutait : Billie Holliday, Ella Fitzgerald, Nat King Cole, des vieux trucs des années 20 et 30, un peu de jazz, Miles Davis, la première époque de Coltrane, quand il était plus joyeux. C’est un de mes souvenirs d’enfance les plus vivides : je me lève le dimanche matin et ma mère fait jouer Ella à tue-tête partout dans la maison. C’est aussi sans doute l’un de mes premiers souvenirs musicaux.

Toute ma vie orbite autour de cette musique. C’est selon moi la chose la plus extraordinaire qui soit arrivée à la musique au cours des 2000 dernières années : la collision entre les traditions musicales africaines et européennes qui s’est produite en terre américaine. Ça a changé le visage de la musique sur toute la planète.

 

 

[ÉCOUTER : 32 TONNES DE PIGEONS]

 


Originaire de Portland, Oregon, Philip Sherburne habite actuellement Berlin. Il est journaliste de la scène musicale pour de nombreuses publications, dont The Wire, Pitchfork et Resident Advisor. Il a également été publié dans le New York Times, Village Voice, Slate, Interview, SPIN, XLR8R et de nombreuses autres publications. Lorsqu'il n'écrit pas, il compose de la musique. Ila d'ailleurs remixé la pièce Les Gans de Guillaume & the Coutu Dumonts en 2008.

 

>> GUILLAUME COUTU DUMONT EN PODCAST: MUTEKPREVIEW003 <<

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