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MUTEK.ES Previews: Entrevue avec Deadbeat et Danuel Tate

Entrevue avec les artistes canadiens Deadbeat et Danuel Tate avant leur performance à la soirée de lancement de programmation de MUTEK à Barcelone.

Chris Mann - 22 novembre 2012
MUTEK.ES Previews: Entrevue avec Deadbeat et Danuel Tate

 

Depuis la controverse de juin dernier lancée par Deadmau5 qui confiait que lui, comme d’autres artistes électroniques, pressaient le bouton play lorsqu’ils se produisent sur scène, l’authenticité des performances en direct est devenue l’un des sujets importants de l’année. Les artistes canadiens Deadbeat et Danuel Tate ont voué la majorité de leur carrière à la création en direct et ont exprimé leurs points de vue sur le sujet. Danuel Tate, claviériste et vocaliste, a ébloui plus d’une fois les multiples audiences de MUTEK (Montréal, México, Barcelone) lors de performances en direct en tant que membre de Cobblestone Jazz mais aussi plus récemment lors de sets en solo. Scott Monteith, aka Deadbeat, s’est lui aussi constamment concentré sur le format live, s’équipant de matériel et logiciels de pointe et collaborant aussi avec des artistes visuels tels que Lillevan, tout en renouvelant régulièrement les sorties de son prolifique studio. Danuel et Scott partagent leur réflexion sur l’homme et la machine, la stigmatisation des outils technologiques et le fait d’être canadien.

 

Q: Parlons de vos performances de ce soir, qu’allez vous jouer? Du mix ou du live?

SM: Nous allons tous les deux performer en direct, je crois?

DT: Oui!

 

Q: Allez-vous performer ensemble étant donné que vous venez de collaborer sur le titre « Lazy Jane » ?

DT: Peut être en fin de performance…

SM: Oui, peut être à la fin.

 

Q: Comment allez vous faire ? Est-ce que Danuel va chanter et se mettre aux claviers?

SM: Nous improviserons.

 

Q: Jusqu’à quel point votre musique est improvisée, préméditée?

SM: La substance enregistrée est totalement improvisée. Quand Dan était à Berlin l’an passé, je lui ai envoyé un rythme, une idée pour un morceau qui est devenu « Lazy Jane ». Deux semaines avant ça je pensais « Hey, je t’ai entendu là dessus. Et voici ». Après 4 heures ensemble en studio, nous avons produit 3 mixs du morceau.

 

Q: Qu’as tu entendu de Danuel sur ce morceau? Surtout la voix. Mais jouais tu aussi du clavier?

DT : Oui nous avions un piano et The Mole était là aussi.

SM : Et l’orgue, c’était quoi déjà? Le Farfisa! Le Farfisa Compact est aussi présent sur ce morceau.

DT: N’avons-nous pas superposé des claviers ?

SM: Pas tellement au final. La ligne de fond reste mes rythmes et la voix de Dan. C’est l’une des bonnes choses du brouillage. On obtient une belle pagaille et de là, on commence à supprimer des affaires.

DT: Plutôt cool pour moi, vraiment! [Rires] C’est très facile!

 

Q: Scott, tu jouais dans un band avant de commencer à faire de l’électronique?

SM: Je jouais de la basse dans un groupe qui s’appelait Lucidity quand j’avais 16 ans.

 

Q: Alors, comment trouves-tu la production électronique par rapport au groupe?

SM: Je ne suis pas un grand musicien. Je n’ai jamais vraiment bien joué de la basse, du piano, ou de la guitare, donc l’électronique est fait pour moi parce que je peux réellement apporter de la substance qui n’implique pas la maîtrise d’un instrument.

 

Q: Et toi Danuel, tu maitrises évidemment très bien le clavier. Produis-tu beaucoup de musique électronique en direct à présent ?

DT : Je pense qu’il est question de partage d’expérience créative avec matériel électronique. C’est comme une simulation ou autre, à la frontière de… On peut se sentir réellement exposé en jouant juste du piano dans un club, mais si tu joues une piste au piano et ceci et cela… On entend beaucoup de critiques et de nombreuses personnes dire que la musique est en chute libre avec tous ces outils technologiques qui permettent d’améliorer les sonorités. C’est comme si tu avais donné un robot, ou quel que soit le nom qu’on veut donner à cela, de la technologie, du talent artistique, il s’agit plutôt d’un partage entre l’humain et la machine. Mon avis est que la musique ne peut que s’en porter mieux puisque ses possibilités sont ainsi infinies.

SM: J’ajouterais que Dan est un excellent exemple de l’esprit d’un musicien talentueux, l’exemple illustrant la prédominance d’un choix humain [faire de la musique]. La première fois que la formation Cobblestone Jazz s’est produite à MUTEK au Metropolis, Mat [Mathew Jonson] and Tyger Dhula ont joué bien 40 minutes avant que Dan ne touche aux claviers. Puis ils ont joué “Dumptruck” et enflammé les lieux. C’est une notion humaine que d’attendre, attendre, attendre… attendre le moment idéal « OK, c’est à moi! » et bang! C’est quelque chose que même le robot le plus intelligent du monde est bien incapable de sentir.

 

Transcription de l’entrevue complète en ligne sous forme audio à http://www.scannerfm.com/ ou via www.facebook.com / Cabezadevacaradio

 

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