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Entrevue

MUTEK.ES Previews: Entrevue avec Jon Hopkins

Jon Hopkins présentera sa nouvelle performance liée à la sortie de son prochain album le vendredi 8 février, dans le cadre de la Nocturne 3 au Nitsa Club

Chris Mann - 21 janvier 2013
MUTEK.ES Previews: Entrevue avec Jon Hopkins

Q1: Quand et comment ce nouvel album a-t-il été enregistré? As-tu attendu d’avoir terminé Diamond mine avec King Creosote ou les processus étaient liés? As-tu refusé d’autres offres de collaboration ou de remix pour te concentrer uniquement sur cet album ou l’as-tu produit entre différents projets?

JH: Il a été enregistré en 2012 et sera terminé dans environ 2 semaines. Cette fois-ci, je voulais le composer d’une traite, autant que possible, pour que le son global soit unifié. Je crois que j’ai dû passé environ 8 mois dessus. J’avais dû travailler sur Insides pendant différents projets, par conséquent le temps d’écriture s’est étalé sur 3 ans.

J’ai refusé beaucoup de choses, la plupart du temps des offres de production, car c’est quelque chose que je ne désire plus poursuivre. J’ai fait quelques musiques de films et quelques tournées, mais sinon je me suis vraiment concentré sur ce projet depuis le début de l’année dernière.

 

Q2: Ta collaboration avec Brian Eno et Leo Abrahams a été enregistrée comme une série d’improvisations alors que tu avais déclaré une fois que ton travail en solo provenait généralement d’enregistrements nés d'idées, ensuite remises en forme, puis retravaillées au fil du temps. Laquelle de ces démarches créatives as-tu emprunté pour ton nouvel album?

JH: Tous les points de départ de cet album étaient des improvisations qui ont ensuite été développées et sont devenues des idées finies. J’aime capturer l’énergie née d’une nouvelle inspiration, l'affiner puis l'améliorer par la suite.

 

Q3: Comment la configuration de la performance en direct que tu vas présenter à MUTEK diffère de la façon dont tu as enregistré l’album? Est-il important de changer la technologie à chaque album pour aider à catalyser une évolution sonore?

JH: J’ai toujours utilisé différents systèmes pour enregistrer ce que je fais pour jouer. Je sentais après Insides que je voulais un changement radical de direction et de son. J’ai donc acheté quelques synthés – un MS20, un SH09 et un Voyager. Je n’ai pas beaucoup d’expérience dans les synthés alors j’ai dû apprendre ces instruments à partir de zéro, et j’ai trouvé cette situation très inspirante.

 

Q4: Comment vas-tu adapter ton matériel pour performer en direct à la sortie d’un nouvel album?

JH: J’ai passé en revue les morceaux plus anciens, à partir desquels j’ai créé et adapté des extraits en harmonie avec les nouveaux, puis je les intégrerai dans mon set avec Ableton.

 

Q5: Tu sembles beaucoup apprécier les Kaoss pads. Quand je te regarde jouer, je ne peux pas m’empêcher de penser que tu as une approche physique importante avec eux, cruciale pour ta musique, que tu sembles parfois jouer comme au piano. Qu’est-ce qui fait que tu les aimes tant?

JH: C’est exactement ça – tu peux les frapper aussi fort que tu veux, ce ne sont pas des boutons fragiles auxquels tu dois faire attention, ils sont plus proches des véritables instruments physiques. Leurs sons sont fantastiques et sont extrêmement polyvalents lorsque tu en utilises plusieurs ensemble.

 

Q6Insides était un parallèle ingénieux, un mélange entre l’idée de paysages extérieurs et des sentiments intérieurs, alors que le nouvel album semble être beaucoup plus physique, en présence et en idée. Était-ce une décision émotive personnelle ou une volonté de t’orienter vers quelque chose de plus 'externe' ?

JH: Le nouvel album est tout aussi préoccupé par les expériences intérieures. La première partie du disque est beaucoup plus audacieuse et rythmique que tout ce que j’ai pu faire auparavant, mais elle demeure occupée par des états d’esprit et des émotions. La deuxième partie est plus calme et hypnotique. Je ne sais jamais à l’avance où l’écriture d’un disque va me mener, je me laisse guider par mon instinct, et c’est d’autant plus vrai pour celui-ci.

 

Q7: Quel genre de décisions créatives sont les plus difficiles à faire quand on bascule de la collaboration au travail en solo?

JH: Travailler en solo est bien plus difficile et prend plus de temps, mais le résultat est aussi infiniment plus satisfaisant. C’est en carrière solo que j’ai vraiment eu l’occasion de sortir de ma zone de confort, de faire évoluer mon son et de développer de nouvelles méthodes de travail. Et je n’ai pas vraiment à prendre des décisions, tout fonctionne à l’instinct.

 

Q8: Tu as composé pour le cinéma et ta musique fait souvent référence à des lieux – une qualité émotionnelle forte qui évoque aussi des images. Comment abordes-tu la vidéo et quel est ton point de vue sur l’utilisation des éléments visuels lors d’une performance en direct?

JH: Ma musique est très abstraite – je n’ai pas de lieux à l’esprit quand j’écris, tout est interne. Alors quand vient le moment de réaliser les visuels, je parle aux directeurs et VJ dont j’admire le travail et je les laisse créer à leur tour, autant que possible. Ils me montrent leurs idées et contribuent ainsi au projet.

 

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