Opinion

De la lenteur

Nous avons demandé au Torontois Cheldon Paterson (SlowPitch) de nous parler de son affection pour la lenteur, en ce qui a trait à son art. Il présente Emoralis, une nouvelle offrande AV où des escargots tiennent la vedette, dans le cadre de Play 4.

Cheldon Paterson - 13 mai 2013
De la lenteur

Depuis les trois dernières années, la lenteur est une tendance lourde au sein de mon oeuvre. Ce pourrait être le tempo, les scratches de disques ou la façon dont les échantillons sont enregistrés — toutes choses qui pourront être entendues sur mon album à paraître, réalisé pour le label montréalais Phonosaurus Records. Quand les choses ralentissent, c’est loin d’être mauvais, au contraire, cela permet de prendre en compte ce qui se déroule autour de vous, jusque dans les moindres détails. C’est une forme de libération temporelle qui permet à l’imagination de s’envoler. De brèves notes de cuivres deviennent des tons plus longs, les vinyles qui pétillent et crépitent se morphent en paysages étranges, tandis que les mots transforment. De nouveaux mondes s’offrent à moi lorsqu’un son ou une image sont joués, tout en lenteur. Étant féru de science-fiction, c’est de loin l’univers que je préfère explorer. Ici dans cet espace fascinant, le style de mes scratchs ou de mes manipulations vinyles, comme je préfère les appeler, ont le cadre parfait pour batifoler. 

 

Lors de cette édition de MUTEK, je présente en primeur une oeuvre intitulée Emoralis. Il s’agit d’une collaboration casse-tête avec l’artiste visuel Wifihifiscifi. Cette alliance de deux beautés étranges — les textures imaginaires crées de ma main, via les platines, se meuvent lentement, tordue et joueuses, accompagnées des motions aqueuses et métamorphiques d’une des plus abondantes (et peu appréciée) créatures de la planète : l’escargot, ce grand incompris. La performance audiovisuelle d’Emoralis est un projet fantastique, car, premièrement, les acteurs furent très faciles à diriger. Il était toujours simple de les trouver lorsque venait le temps de tourner une scène (d’ailleurs, ne vous en faites pas, ils furent traités aux petits oignons), et, deuxièmement, Wifihifiscifi et moi avons appris PLEINS de choses fascinantes au sujet de ces minuscules créatures à l’allure extra-terrestre. C’est vraiment fou, mais je pense bien avoir découvert l’équivalent animal de mon style musical sur les tables tournantes. 

 

Je suis emballé par l’idée de présenter ce projet à MUTEK (un rêve qui devient réalité), après un début couronné de succès lors de la 26e édition du Images Festival, qui s’est tenu il y a quelques semaines, à Toronto. Montréal occupe une place particulière dans mon coeur. La ville a eu une forte influence sur mon style. Kid Koala à changé ma vision du turntablism lorsque j’ai découvert son oeuvre en l’an 2000, l’esthétique artistique du Cirque du Soleil en est une que j’aspire à égaler un jour, et mes mentors Ghislain Poirier (Boundary) et Moonstarr vivent tout deux à Montréal — sans oublier de mentionner les nombreuses amitiés que j’ai y forgé au fil des années. 

 

Soupir. Honoré et réellement béni. 

Cheldon 

Also, here's a special little MUTEK mix I've just put together.

 

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